Comptes à l'étranger
Frontalier : faut-il déclarer le compte étranger sur lequel le salaire est versé ?
Le travailleur frontalier qui perçoit son salaire sur un compte ouvert dans l'État où il travaille détient un compte à l'étranger. L'obligation de le déclarer est indépendante de la déclaration du salaire.
L'essentiel
Oui. Une personne domiciliée en France (CGI, art. 4 B) qui perçoit son salaire sur un compte ouvert auprès d'un organisme établi hors de France déclare ce compte avec sa déclaration de revenus, au titre de chaque année où il est ouvert, détenu, utilisé ou clos (CGI, art. 1649 A). Aucune dispense ne tient à la nature salariale des sommes. L'omission est passible d'une amende de 1 500 euros par compte, portée à 10 000 euros dans les États sans convention d'assistance administrative (CGI, art. 1736), et le délai de reprise de l'administration est étendu, sauf preuve que les soldes n'ont pas excédé 50 000 euros (LPF, art. L169). Règles en vigueur au 12 octobre 2026.
Définitions
- Compte à l'étranger (foreign account)
- Compte ouvert hors de France auprès d'une personne qui reçoit habituellement en dépôt des valeurs mobilières, titres ou fonds : compte bancaire, compte-titres, compte d'espèces chez un courtier, compte de paiement. Tout compte ouvert, détenu, utilisé ou clos au cours de l'année par un membre du foyer fiscal résident de France se déclare avec la déclaration des revenus (CGI, art. 1649 A). Les contrats d'assurance-vie ou de capitalisation souscrits hors de France et les portefeuilles de crypto-actifs ouverts à l'étranger relèvent d'obligations voisines (CGI, art. 1649 AA ; CGI, art. 1649 bis C).
- Délai de reprise (statute of limitations)
- Période pendant laquelle l'administration peut réparer les omissions, insuffisances ou erreurs d'une imposition. Pour l'impôt sur le revenu, il court jusqu'à la fin de la troisième année suivant celle au titre de laquelle l'imposition est due, et jusqu'à la fin de la dixième dans certains cas (LPF, art. L169) ; la notification d'une proposition de rectification l'interrompt (LPF, art. L189).
- Résidence fiscale (tax residence)
- État dans lequel une personne est soumise à l'impôt sur l'ensemble de ses revenus, quelle que soit leur origine. En droit interne français, une personne a son domicile fiscal en France dès qu'elle y a son foyer ou le lieu de son séjour principal, qu'elle y exerce une activité professionnelle qui n'est pas accessoire ou qu'elle y a le centre de ses intérêts économiques (CGI, art. 4 B). Lorsque deux États considèrent la même personne comme résidente, la convention fiscale conclue entre eux, si elle existe, tranche le conflit.
Les règles exposées ci-dessous sont celles en vigueur au 12 octobre 2026. Pour une année passée, la rédaction applicable est celle qui régissait la déclaration de cette année. Elles visent la personne qui a son domicile fiscal en France et travaille dans un autre État, sans y résider.
Quel est le critère de l'obligation ?
La personne physique domiciliée en France déclare, en même temps que sa déclaration de revenus, les références des comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos à l'étranger (CGI, art. 1649 A). Le critère est le lieu d'ouverture du compte, auprès d'un organisme établi hors de France, et non l'origine des sommes qui y sont versées. Un compte sur lequel l'employeur étranger verse le salaire est donc un compte à l'étranger comme un autre.
Le salaire versé sur un compte ouvert en France n'entre pas dans cette obligation, qui vise les comptes ouverts hors de France (BOFiP, BOI-CF-CPF-30-20, 26 mai 2021).
Le domicile fiscal en France résulte notamment du foyer, du lieu de séjour principal ou du centre des intérêts économiques, sous réserve des conventions internationales relatives aux doubles impositions (CGI, art. 4 B). La résidence fiscale du travailleur frontalier s'apprécie donc avant toute question de compte.
Le versement du salaire dispense-t-il de déclarer le compte ?
Non. Les textes ne prévoient aucune dispense tenant à la nature des sommes créditées, à la modicité du solde ou à l'imposition déjà acquise du salaire. L'administration admet une seule exception, pour le compte qui a pour objet de réaliser en ligne des paiements d'achats ou des encaissements afférents à des ventes de biens, adossé à un compte ouvert en France et dans la limite d'un seuil d'encaissements, ces conditions étant cumulatives (BOFiP, BOI-CF-CPF-30-20, 26 mai 2021). Un compte courant qui reçoit un salaire ne répond pas à cet objet.
La déclaration du compte et la déclaration du salaire sont deux obligations distinctes. Le salaire se déclare dans la catégorie des traitements et salaires, le compte sur la déclaration de compte.
Quels comptes et quelles personnes ?
La déclaration porte sur les comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos au cours de l'année par le déclarant, un membre de son foyer fiscal ou une personne rattachée à ce foyer (CGI, ann. III, art. 344 A). Sont en cause :
- le compte détenu : le déclarant en est titulaire, cotitulaire, bénéficiaire économique ou ayant droit économique ;
- le compte utilisé : le déclarant y a effectué au moins une opération de crédit ou de débit, y compris par procuration ;
- le compte clos dans l'année, déclaré au titre de cette année.
Chaque compte est mentionné distinctement, qu'il serve à un usage privé, professionnel ou aux deux (CGI, ann. III, art. 344 A). Un compte joint ouvert par des époux d'un même foyer fiscal est déclaré par ces époux (BOFiP, BOI-CF-CPF-30-20, 26 mai 2021).
Que risque-t-on en cas d'omission ?
L'omission est passible d'une amende de 1 500 euros par compte non déclaré. Ce montant est porté à 10 000 euros par compte lorsque l'obligation concerne un État ou un territoire qui n'a pas conclu avec la France de convention d'assistance administrative permettant l'accès aux renseignements bancaires (CGI, art. 1736).
Le délai de reprise de l'administration s'étend jusqu'à la fin de la dixième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due, pour les seuls revenus afférents au compte non déclaré. Cette extension ne s'applique pas lorsque le contribuable prouve que le total des soldes créditeurs de ses comptes à l'étranger n'a pas excédé 50 000 euros à un moment quelconque de l'année concernée (LPF, art. L169).
Les sommes transférées à l'étranger ou en provenance de l'étranger par l'intermédiaire d'un compte non déclaré constituent, sauf preuve contraire, des revenus imposables (CGI, art. 1649 A). Le contribuable peut établir que ces sommes ont déjà été soumises à l'impôt ou sont exonérées (BOFiP, BOI-CF-CPF-30-20, 26 mai 2021). Un salaire déjà déclaré se prouve par les bulletins de paie, les certificats de l'employeur et les relevés du compte.
Que vérifier avant de déclarer ?
- L'État dans lequel est établi l'organisme qui tient le compte, qui peut différer de celui de l'employeur.
- Le nombre de comptes ouverts, y compris les comptes d'épargne, les comptes en devise et ceux du conjoint.
- Les dates d'ouverture et de clôture intervenues dans l'année.
- La conservation des relevés annuels et des bulletins de paie correspondants.
Les règles communes à tous les comptes détenus hors de France figurent sur la page consacrée aux comptes à l'étranger. Une situation particulière peut être décrite sur la page demande, qui produit un aperçu gratuit.
Questions fréquentes
Le salaire est déjà déclaré : faut-il encore déclarer le compte sur lequel il est versé ?
Oui. La déclaration du compte est une obligation propre, qui s'ajoute à la déclaration du salaire et ne dépend ni de l'imposition de ces sommes ni du solde du compte (CGI, art. 1649 A).
Un compte joint ouvert à l'étranger avec son conjoint se déclare-t-il une fois ?
La déclaration porte sur les comptes détenus par le déclarant ou par un membre de son foyer fiscal (CGI, ann. III, art. 344 A). Pour des époux d'un même foyer fiscal cotitulaires d'un compte, elle est déposée par les époux (BOFiP, BOI-CF-CPF-30-20, 26 mai 2021).
Un compte dont le solde reste faible est-il dispensé de déclaration ?
Non. L'obligation ne comporte pas de seuil de solde. Seule l'extension du délai de reprise cède lorsque le contribuable prouve que le total de ses soldes créditeurs n'a pas excédé 50 000 euros à un moment quelconque de l'année (LPF, art. L169).
Références
- BOFiP, BOI-CF-CPF-30-20, 26 mai 2021 Vérifié le 07/10/2026
- CGI, ann. III, art. 344 A Vérifié le 23/09/2026
- CGI, art. 1649 A Vérifié le 23/09/2026
- CGI, art. 1736 Vérifié le 23/09/2026
- CGI, art. 4 B Vérifié le 23/09/2026
- LPF, art. L169 Vérifié le 23/09/2026
Cette page présente des règles générales à la date de sa dernière mise à jour. Elle ne tient pas compte des particularités de votre situation.