Proposition de rectification
Demande de renseignements, d'éclaircissements ou de justifications de l'administration fiscale : que faire ?
Une demande de l'administration fiscale portant sur la déclaration de revenus n'emporte pas toujours les mêmes conséquences. La nature de la demande, lue sur le courrier, détermine le délai de réponse et ce qu'entraîne son absence.
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L'essentiel
Il faut d'abord qualifier la demande. Une demande de renseignements relève du pouvoir général de contrôle de l'administration [1] et son défaut de réponse n'ouvre pas la taxation d'office [2]. Une demande d'éclaircissements ou de justifications [3] fixe un délai de réponse d'au moins deux mois ; une réponse insuffisante appelle une mise en demeure de la compléter dans les trente jours [4]. À défaut de réponse, ou lorsque la réponse à la mise en demeure reste insuffisante, le contribuable peut être regardé, selon l'administration, comme s'étant abstenu de répondre [5] : le revenu est alors taxé d'office [2], ou les revenus fonciers, gains de cession et plus-values sont évalués d'office [6], et la charge de la preuve passe au contribuable [7]. Règles en vigueur au 28 octobre 2026.
Définitions
- Délai franc
- Délai dont on ne compte ni le jour de l'événement qui le fait courir, ni le jour de son échéance : son premier jour est le lendemain de son déclenchement et son dernier jour le lendemain de son échéance (CE, 13 mai 2015, n° 368892). Le délai de trente jours pour répondre à une proposition de rectification est un délai franc (CE, 21 juin 2017, n° 398104).
- Proposition de rectification (tax reassessment notice)
- Document par lequel l'administration fiscale fait connaître au contribuable, à l'issue d'un contrôle, les rehaussements qu'elle envisage et leurs motifs. Elle doit être motivée et ouvre un délai de trente jours, prorogeable de trente jours sur demande, pendant lequel le contribuable peut présenter ses observations ou faire connaître son acceptation (LPF, art. L57 ; LPF, art. R*57-1). Les impositions ne sont mises en recouvrement qu'à l'issue de cette phase de dialogue.
Les règles exposées ci-dessous sont celles en vigueur au 28 octobre 2026. Elles visent le contribuable qui a déposé sa déclaration d'ensemble des revenus et reçoit de son service des impôts une demande portant sur cette déclaration.
Quelle demande a été reçue ?
Le premier travail consiste à qualifier la demande, car les conséquences d'une absence de réponse en dépendent.
- La demande de renseignements relève du pouvoir général de contrôle de l'administration, qui peut demander aux contribuables tous renseignements, justifications ou éclaircissements relatifs aux déclarations souscrites [1]. La taxation d'office pour défaut de réponse ne vise que les demandes d'éclaircissements ou de justifications [2] ; les réponses aux demandes de renseignements conduisent, selon l'administration, soit au classement des éléments recueillis, soit à une proposition de rectification [5].
- La demande d'éclaircissements est adressée en vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu [3].
- La demande de justifications porte sur les points que le texte énumère : la situation et les charges de famille, les charges retranchées du revenu net global ou ouvrant droit à une réduction d'impôt sur le revenu en application des articles 156 et 199 septies du code général des impôts [8][9], les avoirs ou revenus d'avoirs à l'étranger, les éléments servant de base à la détermination du revenu foncier, des gains de cession de valeurs mobilières ou de droits sociaux et des plus-values [3].
Une demande de justifications peut aussi être adressée lorsque l'administration a réuni des éléments permettant d'établir que le contribuable peut avoir des revenus plus importants que ceux qu'il a déclarés, notamment lorsque le total des montants crédités sur ses relevés de compte représente au moins le double de ses revenus déclarés ou les excède d'au moins 150 000 euros [3].
Une demande d'éclaircissements ou de justifications indique explicitement les points sur lesquels elle porte et mentionne le délai de réponse dont dispose le contribuable [3]. Le courrier reçu se lit donc d'abord pour ces deux mentions.
Dans quel délai répondre ?
La demande d'éclaircissements ou de justifications fixe un délai de réponse qui ne peut être inférieur à deux mois [4]. Ce délai court de la date de réception ou de remise de la demande [5]. Le contribuable qui a besoin d'un délai complémentaire le demande par écrit, en précisant la durée souhaitée ; le service apprécie s'il l'accorde et fait connaître sa décision [5].
Lorsque la réponse est insuffisante, l'administration adresse une mise en demeure de la compléter dans un délai de trente jours, en précisant les compléments attendus [4]. L'administration décompte ce délai comme un délai franc, de la réception de la mise en demeure à l'envoi de la réponse [5].
Que se passe-t-il à défaut de réponse ?
Le contribuable qui s'abstient de répondre à une demande d'éclaircissements ou de justifications est taxé d'office à l'impôt sur le revenu, sous réserve des règles propres aux bénéfices professionnels [2]. Pour les revenus fonciers, les gains de cession de valeurs mobilières ou de droits sociaux et les plus-values, l'absence de réponse à une demande de justifications ouvre une évaluation d'office de ces revenus [6].
L'administration assimile à un défaut de réponse le refus de répondre et les réponses équivalant, par leur imprécision, à un défaut de réponse [5]. Une réponse tardive peut se voir appliquer la procédure d'office, mais le service examine les justifications qu'elle apporte et les accepte si elles sont suffisantes [5]. Une réponse donnée dans le délai n'entraîne pas, en principe, la procédure d'office, à moins qu'elle puisse être assimilée à un refus de répondre [5]. Lorsque les explications fournies sont insuffisantes, la mise en demeure de compléter la réponse dans les trente jours est adressée [4] ; selon l'administration, le contribuable qui n'y répond pas par écrit dans ce délai, ou dont la réponse reste insuffisante ou n'est pas appuyée des justifications indispensables, peut être regardé comme s'étant abstenu de répondre, et la procédure d'office lui est applicable [5].
L'enjeu tient à la preuve : lorsqu'une imposition a été établie d'office, la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande sa décharge ou sa réduction [7]. En dehors de ces hypothèses, la réponse conduit, dans la plupart des cas selon l'administration, au classement des éléments recueillis ou à une rectification selon la procédure contradictoire [5], décrite sur la page consacrée à la proposition de rectification.
Comment préparer la réponse ?
- Relever la date de réception de la demande, le délai indiqué et la nature de la demande telle qu'elle est désignée par le courrier.
- Reprendre un à un les points explicitement visés, sans élargir la réponse à des éléments non demandés.
- Réunir les pièces qui établissent chaque montant : relevés de compte, actes, contrats, justificatifs d'origine des fonds.
- Répondre par écrit, en conservant la preuve de l'envoi et une copie de la réponse et des pièces.
- Solliciter par écrit un délai complémentaire avant l'échéance lorsque des pièces manquent.
Une situation particulière peut être décrite sur la page demande, qui produit un aperçu gratuit.
Questions fréquentes
Faut-il répondre à une simple demande de renseignements ?
Peut-on obtenir un délai supplémentaire pour répondre ?
Oui, sur demande écrite qui précise la durée souhaitée. Le service apprécie s'il accorde le délai complémentaire et en informe le contribuable [5].
Une réponse envoyée après l'expiration du délai est-elle encore utile ?
Le contribuable qui répond hors délai peut se voir appliquer la procédure d'office, mais le service examine les justifications apportées et les accepte si elles sont suffisantes [5].
Que change une imposition établie d'office pour la contester ensuite ?
La charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition [7].
Références
Dernière vérification des références le .
- [1] LPF, art. L10 Article de code
LEGIARTI000031781473Vérifié le 23/09/2026 Retour au texte : 1 2 - [2] LPF, art. L69 Article de code
LEGIARTI000006315055Vérifié le 28/10/2026 Retour au texte : 1 2 3 4 5 - [3] LPF, art. L16 Article de code
LEGIARTI000041471956Vérifié le 28/10/2026 Retour au texte : 1 2 3 4 5 - [4] LPF, art. L16 A Article de code
LEGIARTI000006315926Vérifié le 24/09/2026 Retour au texte : 1 2 3 4 - [5] BOFiP, BOI-CF-IOR-50-30, 1er juillet 2015 Doctrine administrative
BOI-CF-IOR-50-30Vérifié le 28/10/2026 Retour au texte : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 - [6] LPF, art. L73 Article de code
LEGIARTI000025829330Vérifié le 28/10/2026 Retour au texte : 1 2 - [7] LPF, art. L193 Article de code
LEGIARTI000006315447Vérifié le 23/09/2026 Retour au texte : 1 2 3 - [8] CGI, art. 156 Article de code
LEGIARTI000054373682Vérifié le 28/10/2026 Retour au texte - [9] CGI, art. 199 septies Article de code
LEGIARTI000048806424Vérifié le 28/10/2026 Retour au texte
Cette page présente des règles générales à la date de sa dernière mise à jour. Elle ne tient pas compte des particularités de votre situation.